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Jocelyn Danga, Cette lettre que je t’écrirai peut-être jamais

lundi 31 juillet 2023, par Nzoi

 Français
 978-2-36949-027-2
 30 p., 8 000 FC
 Août 2023
 L’auteur a gagné la médaille d’or des IXes Jeux de la francophonie, catégorie Littérature nouvelle pour ce récit.

Le livre

Un jeune soldat, seul dans sa tente une nuit noire… Il se sent désespéré, comme acculé au pied d’une falaise. Tout ce qu’il désire, c’est écrire une lettre à sa mère. Il ne lui manque que la force de commencer…

« La semaine dernière j’ai shooté un zigue.
J’revenais d’garde à Ngeleba et… la faim me rongeait les os du corps.
Cet homme devant moi avait pas d’arme. C’était pas un rebelle. C’était pas un motomoto ni un bikilakila. C’était un paysan quelconque, un péquenaud. Un individu comme ça. J’l’ai sommé d’s’arrêter. À l’orée du sentier. J’ai pris sa chèvre. J’avais faim. J’lui ai dit d’partir. De m’laisser sa chèvre et d’partir. J’lui ai dit gentiment  : « Dégage, pauvre con ! ».
Cet homme voulait pas bouger d’là.
Pas sans sa chèvre. »

L’auteur

Jocelyn Danga est un auteur et dramaturge né à Kinshasa, en République démocratique du Congo. Le Large, sa toute première pièce de théâtre, a paru chez l’Harmattan en 2019. En 2021, il publie Un oiseau à l’aube dans un recueil de trois pièces de théâtre des éditions Passage(s).

Lecture d’un extrait du livre par son auteur

 Jocelyn Danga lit un extrait de Cette lettre que je t’écrirai peut-être jamais au Jip’s café (Paris), dimanche 8 octobre 2023.

Médias et recensions

 « Jocelyn Danga, bijou littéraire du Congo », Paraclet éditions, 18 août 2022 (archive pdf).

 Jocelyn Danga lu par Joss Doszen (post Facebook, dimanche 8 octobre 2023).

Je viens de finir le – très court – récit poétique Jocelyn Danga paru aux éditions @Nzoi, Cette lettre que je t’écrirai peut-être jamais. Et, il faut le dire, je suis assez bluffé. Outre le fait que le titre, et donc l’intention étouffée, le désir réprimé, la honte qui refoule l’envie « does ring a bell » comme disent nos amis british (ndlr : l’histoire est le récit des faits passés) et donc aiguise tout de suite ma curiosité ; le choix de la longue tirade poétique pour exprimer la dépression, la chute dans le fossé du regret, l’expression morbide du PTS de la soldatesque coupeur de vie est simplement génial. J’ai commencé à lire, croyant à une banale enchaînement de textes avant de revenir sur mes pas et me concentrer sur cette voix singulière de barbare enfanté par la cuisse de Mars l’africain. Et je me suis laissé emporté dans son abîme de traumatisé, de fils d’Arès à l’humanité broyée. Le récit a beau être accompagné d’une narration parfois soyeuse, souvent rêche, est dur, très dur. Sombre, violent, écœurant. Et le lire à l’aune de l’actualité de Mukwengué porte une certaine ironie grinçante. Ce texte est frère de l’excellentissime Confessions d’une sardine sans tête de Guy Alexandre Sounda et le Fabius Mortimer Batoza ne serait qu’un avatar du multiverse du personnage de ce récit poétique. La guerre vue par le biais de ses conséquences sur ceux qui l’ont fait. La question des séquelles psychologiques sur les bourreaux d’aujourd’hui et de demain. Ces barbares à qui on refuse toute humanité de par leurs exactions… il faut que ces fous d’écrivains viennent nous rappeler que ce sont des filles et fils de… nos humanités. Bref, j’ai aimé ce texte. Vraiment. Courez le lire. PS : je suis le prototype du trinational Embiid-ien qui choisit son patriotisme en fonction des succès. Et, en littérature, quand je lis du Ndala, Mujila, Aanza, Tata N’longi, Kabuya et maintenant Danga... je crie « Vive la RDC, pays de mes ancêtres !! »

 « Jocelyn Danga, L’incandescence de cette lettre que je t’écrirai peut-être jamais »,[https://ouragan.cd],(archive pdf).

 « Jocelyn Danga, « Cette lettre que je t’écrirai peut-être jamais », le cri du cœur du Congolais Jocelyn Danga »,[https://www.lemonde.fr], (archive pdf).