Kinshasa, République démocratique du Congo (RDC)

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Première édition du Salon du livre du Kongo central à Mbanza-Ngungu. Un reportage de Moïse Edimon

mardi 22 juin 2021

La première édition du Salon du livre du Kongo central (SALIK 2021) s’est tenue du 27 avril au 1er mai 2021 à Mbanza-Ngungu.

Le Salon du livre du Kongo central est le premier salon littéraire que l’association « J’accuse ma génération » (Jmg en sigle) a pu organiser dans la ville de Mbanza-ngungu, l’une des grandes villes de la province du Kongo central.

C’est dans une ambiance conviviale que toutes les activités prévues se sont déroulées. Notons que la ville de Mbanza-ngungu est une ville qui regorge de plusieurs talents, autant à l’écrit que dans plusieurs autres domaines artistiques, mais manquant d’un management culturel élaboré. Ces derniers ne savent pas se placer sous les feux des projecteurs pour se faire connaître et faire valoir leurs talents en public.

C’est aussi dans le souci de répondre à cette question qu’est né le projet « SALIK ». Mais n’ayant pas suffisamment de moyens, celui-ci n’a pas pu suffisamment répondre à cette noble idée de propulser les talents de Mbanza-Ngungu.

« Un seul doigt n’essuie pas le visage », dit-on. C’est grâce à l’implication de plusieurs structures culturelles soucieuses de voir émerger la culture congolaise que ce noble projet a pu être organisé. Ces quelques structures sont les suivantes :

- les Plumes conscientes
- le Centre Wallonie-Bruxelles
- les éditions Mabiki
- les éditions Miezi
- les éditions la Montagne
- les éditions Nzoi
- l’association Écrivains du Congo
- Actualités.cd
- Laesh
- Crebix Mozalisi
- le collectif Envie d’écrire
- Afri’ka
- Ajeco
- les éditions Mikanda

Voici le programme des activités organisées.

Signalons qu’avant le jour du lancement officiel des activités prévues au salon, les activistes culturels venant de Kinshasa, je cite Christian et Edimon, ont été accompagnés dès leur arrivée par les membres de Jmg à l’université Kongo, où ils ont eu à faire du porte à porte dans chaque auditoire pour présenter le projet directement aux étudiants et les inviter à prendre part aux activités programmées durant ces 4 jours.

Mardi 27 avril

C’est avec un engouement de plus de 100 personnes dans la salle de spectacle de l’Institut supérieur pédagogique de Mbanza-ngungu que tout a commencé à partir de 14 h 00 par un mot d’ouverture du coordonateur dudit projet, M. Alegra Mpengani suivi de celui du chef du territoire de Mbanza-ngungu.

Après la cérémonie d’ouverture ont suivi les prestations des artistes et très vite les éditions Mabiki, les éditions Nzoi, la librairie Laesh et les bouquinistes de Mbanza-ngungu ont installé un espace juste devant la salle de spectacle pour en faire une librairie éphémère, ce qui fut une réussite sur le fait que les stands ont été visités massivement, même si les ventes n’étaient pas florissantes. Mais le fait que ce public ait pu découvrir la littérature congolaise par ce biais était déjà une réussite du point de vue marketing.

Mercredi 28 avril

Forum d’échange autour des thèmes Aimer la littérature et Oser écrire, et exposition des livres.
De 14 h à 16 h : atelier d’écriture et de lecture
De 18 h à 19 h : projection film

Forum d’échange autour des thèmes Aimer la littérature et Oser écrire

Ce forum a été animé par Moïse Edimon, animateur culturel, Christian Gombo, écrivain, Soraya Odia, bloggeuse, Crebix Mozalisi, illustrateur, Le Marc, écrivain, Lyricoman, écrivain, avec comme modérateur Jean-Marc Matuaki.

Le forum a connu un succès hors du commun, surtout dans la mesure où cela a permis que plusieurs vocations littéraires naissent et aider à la normalisation de l’utilisation des langues nationales dans les productions littéraires, grâce à la prise de parole de Moïse Edimon qui a explicité combien il est important d’écrire en langue nationale.

Exposition des livres

On a retrouvé les mêmes exposants du premier jour. Quelques ventes ont pu quand même être effectuées cette fois-ci.

Atelier d’écriture

Cet atelier a connu la participation d’une vingtaine de personnes dont 9 du sexe féminin et 11 du genre masculin, tous placés sous l’animation de Le Marc qui a expliqué en long et en large comment écrire un poème. Christian Gombo a présenté de manière brève les différents genres littéraires. Moïse Edimon a commencé par démontrer aux participants les bienfaits de l’écriture dans la construction de l’identité nationale et a profité de cette occasion pour présenter le prix Émilie Flore Faignond aux écrivains et potentiels écrivains de cette ville.

Projection de film

Le Centre Wallonie-Bruxelles a projeté le film Panda Farnana un Congolais qui dérange.

Jeudi 29 avril

De 10 h à 12 h : conférence-débat autour du thème Le rôle et l’importance de la littérature dans la province du Kongo-central et exposition des livres.
De 14 h à 16 h : café littéraire autour du livre Bateki Mboka, atelier d’écriture et de lecture et exposition des livres.
De 18 h à 19 h : projection de film

Conférence-débat autour du thème Le rôle et l’importance de la littérature dans la province du Kongo-central et exposition des livres.

Du fait de l’indisponibilité des professeurs de Mbanza-Ngungu signalée tardivement – ils avaient pourtant confirmé leurs présences 48 h avant le jour de l’activité –, nous n’avons pas réussi à réaliser cette activité.

Café littéraire autour du livre Bateki Mboka

L’auteur de la pièce de théâtre Bateki Mboka était aussi censé échanger avec le public de Mbanza-ngungu autour de son livre mais la santé ne l’a plus permis ; il est tombé malade quelques jours avant l’activité. Christian Gombo et Crebix Mozalisi ont joué l’interim de l’auteur. Cette activité s’est déroulée dans la bibliothèque de l’Alliance française de Mbanza-Ngungu.

Atelier d’écriture et de lecture

Cet atelier s’est déroulé au même moment que celui sur Bateki mboka en face de la bibliothèque de l’Alliance française. Il était modéré par Le Marc et animé par Pat le Gourou qui s’est servi de son tout dernier livre Boya comme support de son animation.

Exposition des livres

Les libraires n’ont rien vendu mais il y a eu plus de 50 visiteurs qui sont passés sur les différents stands.

Vendredi 30 avril

De 10 h à 12 h : concours
De 14 h à 16 h : café littéraire autour du livre Les Femmes de Pakadjuma et exposition des livres.
À partir de 17 h : prestations des artistes, clôture du salon

Concours

Une activité de génie en herbe a été organisée à l’endroit des élèves venus des différentes écoles de Mbanza-ngungu. Christian Gombo et Le Marc en étaient les animateurs. Les gagnants ont reçu en cadeaux des livres et une enveloppe.

Café littéraire autour du livre Les Femmes de Pakadjuma et exposition des livres

Un café littéraire a été partagé entre les passionnés de littérature et l’auteure Ange Kasongo.

Prestations des artistes

Tout s’est clôturé au point du départ, dans la salle de spectacle de l’ISP Mbanza-Ngungu avec la prestation de plusieurs artistes de Mbanza-ngungu et de Kinshasa suivie d’un mot de clôture du coordonnateur Alegra Pengani.

Samedi 1er mai

Avant-midi : visite guidée
Après-midi : départ

Visite guidée
Du fait de la pluie, nous n’avons pas pu effectuer cette visite et c’est juste après cette dernière que nous avons regagné Kinshasa, à 9 h 30.

Notre appréciation en dehors des activités

Dans l’ensemble, j’ai été très émerveillé de visiter cette ville pour la première fois, c’est fut une odyssée pour moi…

Un voyage de plus de 4 heures à bord d’une voiture. Il fallait découvrir plusieurs beaux paysages et plusieurs réalités intéressantes sur la route déjà, à l’aller comme au retour. Mais au fond, le séjour m’a permis de comprendre combien l’atmosphère culturelle manque à ce coin de la République démocratique du Congo.

Mbanza-ngungu est une « ville culturelle » mais pas encore activée, elle a besoin de culturels qui puissent y implanter une politique culturelle. Les talents y sont, les consommateurs culturels aussi mais les opérateurs culturels dignes de travailler pour faire vivre la culture dans ce coin sont presque introuvables. Et si on s’improvisait ?